Après la saga italienne "L'Amie prodigieuse", je me suis penchée sur le succès d'une auteure nigériane, Chimamanda Ngozi Adichie.
En lisant "Americanah", je pensais me plonger dans un roman féministe. Mais j'ai probablement fait un amalgame entre son essai "Nous sommes tous des féministes" et ce livre qui l'a rendue mondialement célèbre.
En lisant "Americanah", je pensais me plonger dans un roman féministe. Mais j'ai probablement fait un amalgame entre son essai "Nous sommes tous des féministes" et ce livre qui l'a rendue mondialement célèbre.
Il est ici question d'identification raciale, d'adaptation et d'immigration avec pour toile de fond, une histoire d'amour, celle d'Ifemelu et d'Obinze.
Pendant que l'une part pour les Etats-Unis, l'autre en rêve. Au début de son expatriation, Ifemelu se confronte aux problèmes d'argent auxquels viennent s'ajouter le poids de sa couleur de peau. Alors qu'elle n'a jamais ressenti cela au Nigéria, elle se sent "Noire" en Amérique. Partant de ce constat, elle commence un blog pour montrer les liens étroits entre race et classe, et le racisme ordinaire. Reconnue pour ses écrits, elle se construit une vie en Amérique, et y restera 15 ans. A l'inverse, Obinze n'aura pas le temps de se faire une place en Angleterre, où il est parti chercher du travail. Son épopée sera plus courte et teintée de violence morale.
Pour en revenir à mon expérience de lecture, j'ai donc cherché pendant longtemps le sujet "féministe", mettant du temps à rentrer dans l'histoire. Le personnage principal, Ifemelu paraît assez antipathique au premier abord, Obinze l'est beaucoup moins. Elle n'a pas la langue dans sa poche et un jugement acerbe. A contrario, c'est ce qui charme dans les billets de blogs qu'elle écrit, et qui sont distillés tout au long du roman. Chimamanda Ngozy Achidie nous offre ici un roman dense qui balaye aussi bien les problèmes sociaux aux Etats-Unis que la situation politique au Nigéria. Et par la voix de son héroïne, elle les aborde avec une implacable franchise, déroutante et rafraîchissante. Vivre l'expatriation avec les yeux d'Ifemelu, devenue "Noire" aux Etats-Unis a été une expérience nouvelle, enrichissante et qui mérite la lecture !

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